C’est bien de passions dont il s’agit ici. La corrida, en effet, ne manque pas de les déchainer autour d’elle. Plus ancienne ville taurine de France, Bayonne s’enorgueillit de cette tradition, dont on retrouve la trace dans le plus vieil écrit au monde sur le sujet, daté de 1289, cette ordonnance règlemente le déplacement des animaux dans les rues jusqu’à l’endroit de l’abattage.

En 1701, la première course de taureaux à l’espagnole fut donnée dans un espace aménagé en amphithéâtre sur la place de Gramont – place de la Liberté – en l’honneur du Roi Philippe V d’Espagne. Mais c’est à partir de 1853 que la corrida « moderne », avec picadors et mise à mort, fait véritablement son apparition en France, toujours à Bayonne (quartier St Esprit). Les arènes actuelles de style néo-mauresque furent inaugurées à Lachepaillet en 1893 ; les plus grandes du Sud-Ouest, elles ont une capacité d’accueil de 10 400 places. Depuis, les plus grands matadors se succèdent chaque saison sur cette piste de sable mythique pour affronter les « toros » de combat issus des meilleurs élevages.
Les grands noms du « mundillo » - le monde de la tauromachie – mais également les célébrités d’hier et d’aujourd’hui continuent de faire l’Histoire y compris la presse « people ». Ainsi, les « faenas » des Joselito, Conchita Cintron, Dominguin, Ordoňez, Nimeno II, César Rincon et autres Enrique Ponce ou El Juli ont-elles croisées les destins des Philippe V d’Espagne, Napoléon III et Eugénie de Montijo, Mérimée, Gustave Doré, Hemingway ou Picasso.
C’est ici même que Montherlant découvrit l’art taurin qui inspira ses « bestiaires ». Car c’est bien là toute la force de la corrida…ne laisser personne indifférent. Ainsi, qu’on l’aime ou pas, elle engendre mille passions, mille débats, entretenant une relation de véritable fascination; éternel affrontement de la bête et l’homme, téléscopage du sacré et du profane, rituels autour de la vie, de la mort et symbolique du sang, du soleil, du peuple – avec le monde des arts et de la pensée : écrivains, musiciens, photographes, peintres et sculpteurs, journalistes, etc.
Tous ces inconditionnels se retrouvent régulièrement à Bayonne au sein de clubs taurins “les fameuses peňas” pour prolonger les courses hors de l’arène.